[15] *L'amour dans mes veines...

  *L'amour dans mes veines...


Je repense à ces derniers jours, tellement éprouvants, et je me demande comment j'ai fait pour ne pas franchir la limite, la seule qui me reste à présent. Une brise légère se lève, me cheveux virevoltent. Je me sens affreusement mal, et mon bras me brûle, il saigne toujours. J'entends une souffle derrière moi :

- Tu sais Lily, ce n'est pas de ta faute...Il n'arrêtait pas de dire qu'il t'aimait, que tu étais sa raison de vivre que...
- Arrête Elsa ! Arrête...Je...
Mes pleurs redoublent d'intensité et Elsa me serre dans ses bras.
- Il faudra que tu t'en remettes, que tu continues, que tu retournes au collège.
- Je, oui. Léo...Clara, je veux les revoir.
- Tu pourras sortir demain. Tu sais, j'ai vécu la même chose Lily, sauf que moi, c'est ma fille qui est morte.


Je la regarde, compatissante et elle m'explique que sa fille est morte dans un accident de train, il y a quatre ans. Cela me touche beaucoup. En voyant mon bras complètement ensanglanté, elle pousse un petit cri de dégout va chercher une compresse qu'elle me pose sur les lettres que j'ai gravée dans ma peau. Nous rentrons dans ma chambre, mon père est là, apeuré mais il n'a pas vu mon bras. Je m'allonge dans ce lit froid, il m'embrasse puis s'en va, il doit aller travailler, comme toujours, Elsa doit s'occuper d'autre patients, mais avant de partir, je lui demande de fermer les volets, elle s'exécute. Je regarde les moindre détails de cette chambre, elle n'est pas accueillante du tout, mais je fini par m'endormir, péniblement.


Je me réveille en sursaut, je suis en sueur, je panique. Tout tourne autour de moi, j'ai mal au c½ur. Puis je regarde ma montre, 1h36 du matin. Mais soudain je remarque une grande forme noire qui s'avance vers moi, j'ai peur. La silhouette se rapproche de plus en plus, elle est recouverte d'un drap noir, et elle se penche sur mon lit. Je sens un souffle saccadé sur ma joue, puis elle disparait , me laissant seule avec ma peur. Je tremble, je ne comprends pas ce qui vient de ce passer. Est-ce que c'était réel, ou ai-je rêvé ? Ma gorge est sèche, je prends un verre d'eau, mais il est plein d'une substance rouge, je le lâche et il se fracasse sur le sol. Je ne sais pas se qui se passe, je suis terrifiée...Je remonte ma couverture et je me blottie dans mes draps en priant pour que cette personne ne revienne pas. Je me réveille, sept heures plus tard, il fait jours et je regarde autour de moi, personne. Je regarde par terre et je vois le verre brisé ; le sol est mouillé, j'ai juste rêvé enfin j'espère. J'appuie sur le bouton de l'infirmière et c'est Elsa qui entre à la place. Elle voit le verre et je lui dit que je l'ai fait tomber cette nuit, je lui mens mais je n'ai pas envie de faire quelques jours de plus ici pour troubles mentaux ! Elle ramasse les bouts de verre et les jette à la poubelle. Elle m'aide à m'habiller et à me mettre sur mon fauteuil, je prends mes affaires, sans un mot. Mon père est devant l'hôpital, il m'attend. Avant de partir, Elsa m'embrasse fort et me serre dans ses bras. Je quitte ce lieu qui m'a fait traverser une des plus dur période de ma vie, tout compte fait, La plus dure mais qui m'a fait rencontrer la plus inestimable des personnes. Mon père me porte et me met sur le siège avant, il plie mon fauteuil et le met dans le coffre. La voiture démarre, mon père accélère, nous quittons ces murs blancs qui me hanteront jusqu'à la fin de ma vie.

- Ma chérie, je suis si heureux que tu aille mieux.
- Tu appelles ça aller mieux...Je peux même plus marcher ! Tu sais ce que c'est ça ?!
- Non...Désolé.
- Pardon, c'est moi qui m'emporte mais Enzo...
- Je sais que c'est dur, mais il faudra faire avec..
- Vous sortez vraiment tous la même chose !


Je me retourne du côté de la fenêtre, les sourcils froncés. Je suis tellement énervé et je culpabilise beaucoup. Je vais très mal mais personne ne se pose plus de question. Nous arrivons devant notre appartement, mon père me met sur mon fauteuil, nous prenons l'ascenseur pour monter au 4e étage de cet immeuble, qui me parait tellement étranger. Je rentre, j'avance dans ma chambre, ça me fait tellement de bien de revenir dans son espace, chez soi ! Mon père m'embrasse, me laisse à manger et part. L'appartement est calme, je le parcours me remémorant chaque souvenirs ; je retourne dans ma chambre,il y a beaucoup de photos, beaucoup d'Enzo. A contre c½ur, je les détache, lentement. Je fais le vide autour de moi, c'est le meilleur moyen pour se sentir mieux. Je mets ces photos qui me brisent le c½ur dans une boîte de couleur noire, comme pour faire le deuil de cet ange. Elle se remplit peu à peu de souvenirs intenses. J'enlève aussi le reste des photos que je mets dans une boîte blanche cette fois. Dès que la boîte noire est pleine, je la dépose dans un coin de ma chambre, je reprends une photo d'Enzo que je dépose dessus, je lui dresse un petit autel ; je dépose quelques bougies autour et je cueille sur mon balcon un petite fleur blanche. Je recolle ensuite toutes mes autres photos, une par une et cela me soulage énormément. Mais je ne suis pas guérie pour autant. Je me mets devant la télé et je change de chaîne pour tomber sur un super...reportage sur les fourmis...Et je m'endors de nouveau.

Je me réveille en sursaut comme l'autre fois, il est 23h09 sur mon portable. Je roule avec difficulté jusqu'à la chambre de mon père, il n'est pas là. J'en ai marre il est toujours absent... Bon, je dois me rendormir, demain je reprend les cours, pour 3 jours mais je dois comme même être en forme. Je vais dans ma chambre et à la force de mes bras, je me hisse sur mon lit, je me mets dans ma couette et je somnole. Mes yeux me piquent, je les ferme, puis je les ouvre, je baisse à nouveau mes paupières, mais j'ai l'impression que quelque chose cloche. Je les ouvre encore une fois et elle est là...La silhouette noire est immobile devant mon lit. Non, non, je ne sais plus si je rêve...Elle s'approche encore, je suis vraiment angoissé. Les murs de la pièce se rapprochent, mais la silhouette retire son capuchon noire c'est...Enzo ? Je n'ai pas le temps de bien distinguer le visage, elle disparait. J'ai l'impression de devenir folle, je...Je pleure, encore et encore. Je me blottit dans mes draps et je sombre dans un orage de songes.

Have you heard the news that you're Dead?
No one ever had much nice to say
I think they never liked you anyway
Oh take...


Mon portable résonne dans ma chambre, je me lève et je me hisse dans mon fauteuil. Je m'habille tant bien que mal, c'est dur. Je me coiffe, et je pars dans la cuisine pour prendre mon petit-déjeuner qui sera très rapide pour cette fois ; je mets mon sac de cours sur mes genoux et je rentre dans l'ascenseur puis j'appuie sur le bouton du rez-de-chaussée et il descend avec de légers soubresauts. Une fois en bas, les portes s'ouvrent et je m'avance dans le hall d'entrée qui est désert. Je passe la porte d'entrée, il fait un temps magnifique, c'est en contradiction avec mes pensées, plus noires que jamais. Je roule doucement dans la rue, les regards des passants sont pesants, je ne me sens pas à ma place, oppressée par les yeux qui me dévisagent mais je continue, mon collège n'est plus qu'à quelques mètres. Je m'approche du portail où l'on entre et tous les regards se tournent vers moi, les chuchotements s'élèvent et on se demande si c'est bien moi. Je suis morte de honte, je baisse la tête et j'accélère. Je cherche du regard Clara et Léo et je les vois, tous les deux dans notre coin habituel. Clara tourne la tête, elle devient pâle, ses yeux s'écarquillent. Elle laisse tomber son sac à main et cours vers moi en pleurant comme je ne l'ai jamais vu pleurer.

- LILY ! Mon dieu ! Je... Ses pleurs s'intensifient, j'ai cru que je te reverrai jamais. Ton...père est venu nous voir une fois pour nous dire ce qui t'étais arriver...Si tu savais comme je t'aime !

Nous restons serrées, et pleurant comme deux s½urs à nouveau réunies. Puis Léo arrive, toujours aussi craquant, il pleure lui aussi :

- Lily...Je, tu nous as tellement manqué. Tout le collège est au courant que tu t'es fait attaquer et tout le monde s'est inquiété ! Je ne veux plus jamais que tu nous refasse aussi peur ! Je t'aime ma Lily !

Enfin ensemble mais ils remarquent tout de suite ce qui cloche. Clara prend la parole :

- Mais...Et Enzo ?

Mon sourire disparait, je me referme et mon regard s'assombrit, je n'ai pas la force d'en parler mais je leur raconte tout depuis le début, la bagarre, l'hôpital et sa...mort. Ils sont choqués, ils ne savent plus quoi dire, moi non plus. Ils sanglotent en silence. Plus jamais je ne serai la même, plus jamais en me regardant dans un miroir, je me trouverait jolie, plus jamais mon âme sera innocente. Le monde nous ment, on nous dit que le bonheur est à la porte d'à côté, qu'il suffit d'acheter un stupide lave-linge pour pouvoir être mieux dans sa vie...J'y ai vraiment cru, je me suis laissé avoir comme beaucoup de personne mais j'en reviens toujours au même point, et c'est encore pire cette fois-ci...








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Edit : La semaine prochaine je ne suis pas là (VoyagedansLeJura), mais continuez de me laissez vos impressions qui me font si plaisir !
: )

# Posté le samedi 07 juin 2008 06:56

Modifié le dimanche 08 juin 2008 08:13

[16] *Ma folie me détruit...

  *Ma folie me détruit...
Cela fait deux jours que je ne dors plus, deux jours que je fixe le plafond de ma chambre. J'ai arrêté les cours après cette première journée, c'est trop dur de retourner dans ce collège et puis de toute façon, nous sommes en vacances. Après ces deux mois, je devrai rentrer au lycée et ça me fait peur, le futur me fait peur. Je m'enferme dans une bulle transparente, je sens que je change de l'intérieur ; c'est étrange mais je ne supporte plus que l'on me touche. Hier j'ai repoussé mon père parce qu'il essayait de me prendre dans ses bras, je ne me reconnait pas. Je n'arrête pas de faire des crises, sans raisons particulières...Je hurle, je casse tout ce que je peux pour évacuer cette colère qui est en moi. Je m'en veux et j'en veux à Enzo de m'avoir abandonné. Il est très tard, au moins quatre heures du matin mais je ne veux pas dormir, je ne veux pas voir cette homme tout en noir qui hante mes nuits, j'ai peur de sombrer et de ne plus jamais me réveiller mais c'est trop dur ; mes yeux me piquent et je m'endors...

La silhouette noire est là, je suis dans un couloir très étroit qui m'empêche presque de respirer et je marche. Je me faufile difficilement mais la silhouette, elle avance très vite et fonce sur moi. Je ne veux pas qu'elle me touche mais trop tard, elle m'enveloppe de son drap noir. C'est froid mais je me sens comme dans lit de plumes. Elle murmure quelque chose puis me dépose dans un cercueil. Je suis aspirée dans le noir en poussant un hurlement glaçant...

Je me réveille en sursaut, les lèvres sèches et la vue brouillée. J'attrape mon portable, il est 10h du matin. J'attache mes cheveux puis je touche ce pendentif qui me tient tant à c½ur ; combien de temps n'ai-je pas pensé à lui ? Il est surement inquiet. Je reprend mon portable : "18 appels manqués de Fabian.H" ; "12 messages non-lus". J'ai reçu trois cartes de lui, mais je ne réponds pas, je lui en veut d'être aussi loin et d'aimer une imbécile comme moi. Mon portable sonne et cela me fait sursauter, il éclaire ma chambre encore dans le noir. Je lis sur l'écran "Appel en cours Fabian.H". Je ne sais pas quoi faire mais un sentiment profond, enfoui au fin fond de mon corps me commande d'appuyer sur ce bouton vert.

"-A...Allô
- Lily...
- Fabi, je suis...
Je l'entend pleurer à l'autre bout du fil.
- Je...je suis à Paris et...Oh, Lily j'ai cru qu'il t'était arrivé quelques choses et je... Il pleure beaucoup à présent et je sais que je ne vais pas tarder.
- Ecoute, je...Je veux te revoir et je suis tellement désolé. Je t'aime Fabian et c'est tout ce qui compte.
- Je t'aime, tu es tout pour moi... J'ai tellement envie de te revoir.
- Moi aussi...Tu as encore notre pendentif ?
- Bien sur ! A chaque fois que j'avais besoin de toi je le serrait contre mon c½ur... Ecoute, je peux passer tout à l'heure vers 13h...
- Oui, j'ai besoin de toi. Je t'aime
- Je t'aime aussi.
"

Je raccroche, émue et heureuse, je n'ai plus envie de croupir dans le noir même si je sais que je ne suis plus la même. Je me hisse sur mon fauteuil et j'ouvre mes rideaux, un flot de lumière traverse la pièce et j'ouvre les fenêtres en grand. Je prend un copieux petit-déjeuner et je m'habille, je n'ai plus besoin de mon père maintenant. Je prend un livre pour patienter mais je ne peux m'empêcher de regarder ma montre toute les quinze secondes. L'heure fatidique arrive, il est 13h. J'attends. Je patiente. Je trépigne et enfin, à 13h10, on sonne et mon c½ur s'emballe. J'ouvre doucement la porte. Il est en jean et porte un sweat gris... Nous nous regardons sans bruit, j'ai les larmes aux yeux et lui aussi. Il s'assoit sur mes genoux comme à son habitude et se blottit dans mon cou déversant un flot de larmes salée. Je me blottit dans le sien. A nous deux, nous sommes presque entrain de créer un océan ! Il m'embrasse dans le cou puis il me regarde dans les yeux et pose ses lèvres sur les mienne. Je sens comme de l'électricité qui parcoure tout mon corps. Nos langues se caressent ; il passe ses mains chaudes sous mon tee-shirt et les pose sur mes hanches. Je me détache de sa bouche sucrée et lui dit dans l'oreille : "Tes lèvres ont un goût de bonbons...J'adore".
Je lui souris et il explose de rire et moi aussi. Il engage une conversation plus...réaliste :

"- Tu sais, je suis tellement heureux de retrouver tes lèvres, ton corps, ton odeur...Tu n'imagine pas à qu'elle point ça m'a manqué !
- Moi aussi !
Je caresse le "L" de son pendentif. Il me regarde avec un sourire qui veut tout dire.
- Tu voudrais venir avec moi cet aprè-midi, j'ai une séance de dédicaces pour les fans et tout.
- Mm...Laisse moi réfléchir. Bien évidemment que je viens te voir signée des autographes à des filles en chaleurs !
Je souris ironiquement.
- Oh, la jalouse ! C'est vrai qu'il y en a qui sont vraiment...collantes ! Mais sinon ça se passe plutôt bien il y en a même une, un jour qui a..."

Je colle mes lèvres sur les siennes, je n'ai aucune envie de le savoir et puis, j'ai une bonne raison pour l'embrasser au moins !
Nous descendons dans le hall d'entrée, un van aux vitre teintées nous attend. Ça fait vraiment célébrité et je suis impatiente ! Il me prend dans ses bras et me dépose sur la banquette puis plie mon fauteuil et le met dans le coffre. Il nous rejoins, je dis "nous" car son frère et un autre garçon sont assis en face de moi.

"- Heu, Mäx je te présente Lily, ma...petite copine et Lily voici Mäx, le meilleur pote de Jo
- Salut Mäx. Il me sert la main.
- Et Jo, tu te souvient de Lily.
- Oh oui, t'inquiète pas pour ça ! Par contre un conseil, ne dites pas encore que vous êtes ensembles, ça pourrait causer quelques problème. Attendez plutôt une annonce officiel de la presse.
- D'accord ... "
disons-nous en c½ur mais sans enthousiasme.

Nous arrivons dans un ruelle et Fabi m'explique que nous rentrons par derrière pour ne pas créer d'émeute (je me suis un peu foutu de lui à ce moment là mais passons... !). Je devrais rester à côté d'eux, ou plus précisément à côté de Fabian. Nous poussons la porte et la, à ma grande surprise, il y a déjà au moins 300 filles qui gueulent à vous déchirer les tympans. Nous passons derrière une barrière de sécurité, je me sens un peu honteuse. Les fans me regardent l'ai perplexe en me jetant des regards agressifs. J'entends des "pouffiasse" ou des "va t'acheter des jambes", j'ai une boule dans la gorge mais je garde la tête haute et je finis par arriver à la table où ils signent leurs autographes. Fabi me lance des coups d'oeil inquiet et me demande si ça va, je lui réponds d'un hochement de tête. La première fan arrive et me dévisage puis dévisage Fabi et lui fait signer un poster et un CD, elle a l'air aux anges puis passe aux deux autres membres du groupe...Tant mieux pour elle mais je ressens comme une pointe de jalousie.

Les signatures s'enchainent : un canard en plastique, un chapeau, un sac de cours et même un string en dentelle. Le groupe remercie ses fans en français puis nous partons mais à peine ai-je fait quelques mètres qu'une groupie au premier rang me balance une bouteille dans la tête en me traitant de "connasse handicapée". Je n'en peu plus, je craque et j'explose en pleurs. Je change de chemin, Fabian a tout vu et il essaye de me rattraper mais la foule de filles le bloque et il est obligé d'avancer. Nos chemins se séparent, je rejoins la sortie en larmes, je suis perdue. Je reçois un appel mais je ne décroche pas, cette vie là n'ai pas pour moi... Il n'y aura plus jamais de "nous"...



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Edit : Désolé de ce retard, j'ai eu un problème de réseau hier mais la suite et (Enfin !) là. Merci encore de votre soutient... Et bonne lecture !

# Posté le lundi 01 septembre 2008 11:28

Modifié le mercredi 03 septembre 2008 10:54