[10] *Saute petite fille, saute...

  *Saute petite fille, saute...
(Dès que Fabi parle, les paroles sont directement traduites pour que ça soit plus clair...Bonne lecture)


Je suis angoissée, oppressée, méfiante. Mais il ne faut pas que je regrette, jamais. Le train poursuit son long voyage, doucement et presque sans bruit. Je replonge de nouveau dans mes songes, la tête sur la poitrine et les mains sur mes bras...

Elle est encore là, seule et me regarde. Elle ne sourit pas, elle baisse les yeux et cours vers moi. Elle me prend la main et comme attirée par ses yeux d'un bleu presque blanc, glacial. Je la suis ; devant nous, un ravin dont on ne voit pas le fond. D'un geste de la main, elle me dit de sauter, ses yeux sont deux diamants brillants dans l'obscurité. Mais je l'écoute, comme hypnotisée. Je m'approche, doucement, je tend mon pied au dessus du vide et...

Un coup de frein nous arrête brutalement. Encore une fois, je suis déboussolée. Nous somme arrivés à destination. Deux hommes m'aident à remonter sur mon fauteuil. Je me demande si je l'aurai fait, si j'aurai sauté. Je descend, encore aidée. Finalement, je ne suis pas si autonome que ça. Je doute, mais je ne perds pas courage. Je roule, je roule jusqu'à la sortie. Je ne parle pas un mot allemand, espérons qu'ils parlent anglais en Allemagne ! Je m'approche d'un guichet, et je cherche un train partant pour Dillingen. Par miracle, il en reste un qui part dans trente minutes, je demande un billet en Anglais, le vendeur me comprends et me vend donc un aller simple pour Dillingen. J'approche de mon but. Je me met à côté d'un siège, et j'attends. La fatigue me gagne encore mais il ne faut pas rater mon train. Surtout pas...

Il arrive après ce qui m'a paru être un éternité. Je monte, je m'installe, j'attends, je dors, je rêve, je me réveille, je sors. Il fait très froid, un vent glacial vient me fouetter le visage. Pour une nuit d'été, c'est étrange. Je ne sais même pas qu'elle heure il est, très tard. Il y a encore quelques voitures, et une bande de jeunes. Je m'avance prudemment, ils me regardent l'air intrigués puis une jeune fille s'approche. Elle me dit quelque chose en Allemand et je lui dit que je ne parle pas cette langue mais que je parle Anglais. Puis je lui montre le papier sur lequel est inscrit l'adresse de Fabian Halbig. Elle me regarde surprise puis me dit que c'est tout près d'ici, que je dois prendre une rue, tourner à gauche puis encore à gauche et j'y arriverai. Je la remercie et je roule aussi vite que possible. Je suis vite devant le perron d'une grande maison bleue, brillant dans l'obscurité. Elle me rappelle les yeux de cette ange.
Tout est noir autour de moi, cette ville est froide. Je n'ose même pas sonner à la porte, j'ai trop honte. J'entends beaucoup de bruit, surement de la musique, ils doivent faire une fête à l'intérieur. Des rires se font entendre dans toute la rue alors que moi je suis là seule, glacée et mon c½ur lui s'est éteint dès que j'ai aperçu cette demeure.

Mais, après avoir regardé cette façade plus attentivement j'aperçois une ombre, deux yeux me regardants à travers une fenêtre. Il l'ouvre et me regarde, je tends ma main. Il s'en va pour sortir dans la rue quelques secondes plus tard.
Il me parle doucement :

- Li...Lily
- Je suis désolé Fabi, vraiment.
Une toute petite larme coule sur ma joue. Il l'a vu.
- Ne t'inquiètes pas, je...Tu dois partir. Je le regarde l'ai appeurée.
- Fa...
- Désolé Lily, je ne peux pas.
- Pourquoi, dis moi pourquoi tu me l'a donné.
- De quoi ?
- Ton adresse.
J'ai du mal à articuler.
- Ça me fais peur tout ça, ton fauteuil, ta maladie. J'ai peur pour toi et je ne sais pas si pourrait le supporter.
- Tu es...Va-t-en !
- Je...
- Va-t-en...
Je lui chuchote ces derniers mots.

Il rentre me laissant seule, en jetant un dernier regard suppliant. Je suis abasourdie. Je croyais qu'il aurait bien voulu m'aider, mais non, comme tout le monde il part. Je pleure, toutes les larmes de mon corps, je n'en peux plus, je suis fatigué. Fatigué de vivre, de tout ce poids à porter sur mes épaules fragiles. Ce soir je le ferais, j'ai revu Fabian une dernière fois comme je me l'étais dis. Je roule doucement, m'imprégnant du moindre détails, du moindre bruit, de la moindre odeur. J'arrive devant un pont, très grand. Les eaux tumultueuses s'agitent et tourbillonnent, c'est un soir où il n'y a pas un chat, où un silence de mort pèse, c'est un soir pour mourir...


*
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# Posté le dimanche 13 avril 2008 08:18

Modifié le lundi 21 avril 2008 04:27

[11] *Doux Paradis...

  *Doux Paradis...
(Les paroles allemandes sont directement traduites pour que ça soit plus clair...Bonne lecture)



J'approche mon fauteuil de ce vide, doucement mais des pas pressés se font entendre derrière moi, ils s'arrêtent et une voix brisée me chuchote :

- Non, Lily. Je t'en supplie, ne fait pas ça.
- Dégage Fabi. Je ne te reverrai plus jamais.
Il sanglote dans ce silence.
- Je...Il hoquète. Désolé, je ne suis qu'un... con.
- Qu'est-ce que tu veux ? Me faire mourir c'est ça ?
- Non Lily, je voulais...Je ne sais pas.
- Si tu ne sais pas Fabi, moi je sais. Adieu !


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LE MONDE

Vendredi 29 Juin 2008
N°724

SUICIDE D'UNE JEUNE FILLE EN ALLEMANGNE
Devons-nous remettre en cause la sécurité et la surveillance des endroits à "risque" ?


Ce matin, en Allemagne, une jeune fille d'environ 15 ans a été retrouvée morte dans les eaux froides du Danube. Selon les enquêteurs, elle se serait jetée d'un pont en ayant aucune chance de s'en sortir à cause d'un avis de tempête qui a fait de ce fleuve un rapide sans issus la nuit dernière. Le corps n'a toujours pas été identifié mais il semblerait que les enquêteurs aient découvert des papiers d'identité de la jeune fille. Une Allemagne bouleversée se ...

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Je pose ce maudit journal qui me rattache à la mort. Ça a failli être moi, cette jeune fille. Le hasard fait mal les choses, je suis encore plus démoralisée à cause de la noyade de cette adolescente mais elle m'a fait ouvrir les yeux : je ne quitterai pas encore ce monde. Après que Fabi soit venu me chercher, je me suis réfugiée chez un libraire qui a bien voulu m'héberger. Oui, il existe des gens bons dans ce monde. Je ne sais pas ce que je vais faire, tout le monde à l'hôpital doit s'inquiéter. J'ai envie de revoir Enzo mais je n'ai pas envie de revoir ce bâtiment qui me fait si peur. Je veux revoir Clara et Léo, les serrer dans mes bras. Ça fait tellement longtemps que je ne leur ai pas parler mais personne ne pouvait venir me voir à par mes parents. Je me sens nulle. Je ne sais pas si Fabi mérite une dernière chance mais j'ai envie d'y croire. Avant de partir, j'ai envie d'acheter ce journal français pour me rappeler que jamais je ne dois faire le grand saut. Le libraire est à sa caisse :

- Bonjour Monsieur.
- Bonjour Mademoiselle. Bien dormi ?
- Oui très bien, merci encore de m'avoir hébergée.
- Mais de rien ! Alors que voulez-vous acheter.
- Ce journal.
Je lui tends "Le Monde"
- Merci. Vous payez par carte bleue ou en espèces ?
- En carte bleue.


Je lui tend la carte bancaire et il la rentre dans l'appareil ou je dois taper mon code. Je tape les quatre chiffres mais ce petit appareil refuse que je paye. Le libraire me dit que c'est juste une erreur, je recommence une fois, deux fois, trois fois. Rien à faire. Le vendeur me dit que mon compte doit être vide et je le regarde avec les larmes aux yeux. Il me dit de prendre le journal, il me l'offre mais ne pourra pas m'héberger plus longtemps. Je ne vois plus qu'une solution : Lui. Je remercie ce vendeur et je retourne devant la maison de Fabi avec mes maigres affaires et l'esprit embrouillé. Je suis tellement énervée, tellement sous tension, je n'ai vraiment pas envie d'y retourner mais j'y suis obligée.
Je reste devant la demeure bleue, personne. Je prends une petite pierre et je la jette sur la fenêtre de Fabian, elle frappe au bon endroit. Il sort, encore endormi, les yeux clos.

- Mmmh...C'est qui ? Il baille.
- C'est moi. Il ouvre ses yeux d'un coup.
- Je...Je croyais que tu ne voulais plus me voir.
- J'ai plus d'argent sur ma carte de crédit...Je ne peux pas rentrer chez moi. Je n'en peu plus Fabi, je suis à bout de force.
- Tu...Tu peux venir, mes parents sont absents pendant toute la semaine.
- Merci. Tu n'es pas si méchant finalement...
Un blanc gênant s'installe.
- Je crois que j'avais peur, vraiment peur. J'ai réagi sur le coup et depuis hier j'ai beaucoup réfléchi, ça ne me dérange pas Lily. J'ai trop peur que tu fasses une bêtise.
- J'ai besoin de toi.
- Moi aussi.


Il descends rapidement, dès qu'il arrive je sens son odeur, l'odeur de quelqu'un qui vient de se réveiller. Il s'approche, je lui fait signe de venir plus près et il me sert dans ses bras. Je voudrais me fondre en lui, je le serre de toutes mes forces. Ses yeux noisettes, sa peau douce et rassurante, il s'empare de mon esprit comme on emprisonne un poisson dans un bocal. Je lui demande de s'assoir sur mes genoux, il s'exécute, me réchauffe. Nos peau se collent, je ne sais pas quel sentiment j'éprouve, de l'amitié, de l'amour, du soulagement. Lui aussi à l'air un peu perdu. J'ai l'impression de le connaître par c½ur, pourtant je ne le connait pas vraiment. Il s'approche de mon oreille, la caresse avec son nez et me dit ces simples mots...


*
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# Posté le samedi 19 avril 2008 05:07

Modifié le dimanche 29 juin 2008 15:23

[12] *Douce Nuit...

  *Douce Nuit...
"Tu es moi"

Je l'embrasse à un petit centimètre de sa fine lèvre puis je lui donne un autre baiser très réservé sur le côté opposé. Comme un enfant n'ayant pas fini de manger, encore affamé, il pousse un grognement plaintif, croise les bras et boude. Il met ensuite ses mains sur ses yeux, faisant semblant de pleurnicher. Je les lui prends les et les posent sur mes hanches. Il retrouve le sourire tout de suite. Nous nous enlaçons puis il fait rouler mon fauteuil jusqu'à chez lui. L'endroit est frais. On voit qu'il y a eu une fête ici : des canettes de bière et des verres à champagne traînent un peu partout.

- Désolé ce n'est pas très rangé mais mon frère à fait une fête hier.
- C'est rien !
Nous allons dans sa chambre qui heureusement se trouve au rez-de-chaussé. Et, en passant la porte, je suis émerveillée. Sa chambre est magnifique : la peinture ocre sur les murs, de nombreux dessins accrochés, des anciens posters à plusieurs endroits et, le plus impressionnant, une énorme batterie argentée qui trône au milieu de la pièce avec une peluche accrochée dessus. Une abeille je crois. Des grandes baies vitrées donnant directement sur le luxuriant jardin, nous illuminent.

- Voilà, c'est chez moi.
- Fabi c'est...magnifique !
- Ah, merci !

Il me sourit tendrement puis il me soulève et me porte jusqu'à son lit, je me laisse faire. Il m'y dépose, on dirait un lit de plumes. C'est moelleux, je m'y sens bien. Il s'allonge à côté de moi et serre ma main contre son c½ur puis dépose sa tête sur mon ventre. Nous restons là, allongés, les yeux fermés pendant très longtemps. Tout à coup, il se redresse et me regarde :

- Lily, je...je voulais te dire que...
Il reprend son souffle, je t'aime plus que ma propre vie.

Je ne sais pas quoi dire. Il se penche au-dessus de moi, tout près de mes lèvres. Nous sommes à quelques centimètres du Bonheur. Il attend, comme suspendu par un fil. Mon c½ur bat fort, on pourrai presque l'entendre. Je dépose ma main dans son cou et nos deux corps se rejoignent. Nos lèvres se découvrent, se mélangent. Je le goûte, lui aussi. Nous sommes aussi gourmands l'un que l'autre. Puis j'ose enfin ouvrir ma bouche ; nos langues se mêlent et jouent ensembles. Je lui mordille la lèvre, tout doucement. Il s'arrête et m'embrasse la joue, le nez ; me caresse le cou. Puis nous recommençons ce langoureux manège jusqu'à ce que la lumière se fasse rare, jusqu'à ce que je ne distingue plus que son visage. Il enlève mon tee-shirt, et me caresse le nombril mais cela me chatouille trop. Je ris à chaque fois qu'il me touche :

- Arrête Fabi, tu me fais trop de guilli !
- Mmmh, Non, je continue !


Il rigole lui aussi, puis il me prend dans ses bras, m'embrasse dans le cou. Il caresse ma nuque avec délicatesse. Un "Oui ?" interrogatif se fait entendre et je réponds d'un hochement de tête. Il dégrafe mon soutien-gorge, je suis torse-nue. Je m'allonge et, tout doucement, sans se presser il frôle de ses dois fins ma poitrine, il enlève à son tour son haut. Il prend ma main, s'allonge sur moi et la pose sur son torse chaud.
Nous nous endormons comme de jeunes enfants. Il n'est pas prêt, moi non plus.

Il est 10h, je suis décoiffée et les draps sont complètement défaits. Je cherche Fabi mais il n'est pas là, je remonte la couverture pour me cacher. Je ne peux pas me relever, j'attends. Au bout d'un moment, j'entends des pas qui viennent vers la chambre, un jeune homme entre sans frapper. Il me regarde très étonné puis il s'en va et cri "Fabiiiii, il y a une fille dans ton lit, Fabiiii". Je ris, puis j'entends des voix qui discutent. Je pense que ce jeune homme l'a trouvé.
Quelques instants plus tard, Fabi arrive avec un plateau rempli de bonnes choses : il m'a préparé mon petit déjeuner.

- Bonjour, mon...Ange. Je lui sourit. Désolé pour tout à l'heure, c'était mon frère qui est entré. Il ne frappe jamais.
- C'est pas grave ! Il avait l'ai super étonné.
- C'est normal, tu es la seule fille que j'ai emmené dans ma chambre, surtout dans mon lit !
Je dépose un petit baiser sur ses lèvres.
- Merci en tout cas de m'avoir préparé mon petit déjeuner. Tu es si...attentionné.

Avant que je commence à manger, il m'embrasse. Un baiser tendre et plein d'amour. Il me regarde intensément, un sourire sur le bout des lèvres et me prépare une tartine de framboise.

J'ai enfin trouvé la recette du Bonheur...


*
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# Posté le mercredi 07 mai 2008 08:24

Modifié le dimanche 29 juin 2008 15:24

[13] *Avis de recherche...

  *Avis de recherche...
Nous regardons la télé, collés-serrés. Je suis sur mon fauteuil, il est assis sur moi. Je me pose beaucoup de question. Nous. Nous nous sommes découvert en si peu de temps. Qu'est ce que c'est l'amour ? Un désir ? Des questions ? Comment tombe-t-on amoureux ? Est-ce qu'on a vraiment le choix...?
Et cette sensation, ce plaisir quand on voit la personne qui nous est destiné. C'était prévu tout ça ?
J'essaye de ne pas trop m'en soucier, mais mon c½ur est déchiré. Une envie de partir, de retrouver Enzo qui me manque...Un manque terrible qui m'aspire dans un tourbillon de questions encore plus dense.Mais notre série est brutalement interrompue par un présentateur en chemise rayé, à cravate bleue.

"Bonjour, nous venons d'apprendre l'enlèvement d'une jeune fille d'un quinzaine d'années. De France, elle serait partie en Allemagne, il y a environ deux jours. Les services de police français et allemand la recherche activement. Si vous l'apercevez , contactez tout de suite le 7861...Désolé de cette interruption"
Une photo s'affiche sur l'écran, une ancienne photo mais je la reconnait. C'est moi.

Cela me rappelle ce qui s'est passé l'été dernier. Un jeune garçon s'est fait enlevé et des avis de recherche sont aussi passé à la télé. Je suis abasourdie. Fabi a compris et me regarde les yeux grands ouverts. On...on me recherche. Comment ils ont pu savoir que j'étais en Allemagne. Fabi me fixe toujours :

- Lily, ton billets de train...T'as utilisé ta carte bancaire ?
- Oui... PUTAIN !
Je pose ma tête sur son épaule. Merde ! Pourquoi personne ne me laisse tranquille ?!

Je pleure de colère, de découragement. J'agrippe l'épaule de Fabi très fort. Il caresse mes longs cheveux, doucement, je frémis dès qu'il passe sur ma nuque. Mes sanglots se taisent, le monstre à l'intérieur de moi qui veut crier à la terre entière que la vie est injuste se tait peu à peu. Mes poings restent malgré tout serrés et mes sourcils froncés. Il faut que je rentre. J'y suis obligée, mais je veux rester encore une soirée avec Lui.

- Fabi, je...Je dois... Il me coupe
- Rentrer...C'est mieux je pense, tout le monde doit s'inquiéter pour toi.
- Je veux rester encore ce soir avec toi, encore une fois.
- Moi aussi, mais on se reverra ma Lily...Je te le promets.


Il se penche vers moi et me donne le plus beau baiser que l'on ne m'ai jamais donné, doux et puissant. Je peux enfin le dire haut et fort, je suis amoureuse.
La nuit tombe vite, un peu trop vite. Je reste dans la chambre de Fabi, il m'a promis une surprise. Il arrive, il apporte un plateau avec plein de bonnes choses. Il allume quelques bougies. C'est tellement chaleureux que moi aussi je fond devant cette tendresse. Nous mangeons, nous jetant des regards complices et ne pensant pas à demain. A la fin de ce délicieux repas, après un dessert plus que gourmand, il me regarde et se plonge dans mes pensées, je me plonge dans les siennes. Il sort un petit paquet, tout petit ; il tient dans le creux de sa main.

- C'est pour toi, pour que ne m'oublie pas, où que tu sois.
- Merci..
.

J'ouvre délicatement le papier, en faisant bien attention à ne pas le déchirer. C'est un collier, un collier en argent. Le pendentif forme un "F", il brille, il resplendit dans cette pénombre. Puis je regarde attentivement Fabian, il porte un pull en V qui laisse entrevoir l'autre pendentif, celui marqué d'un "L"... Il vient s'assoir, comme à son habitude sur mes genoux et me serre dans ses bras puis la fatigue nous gagne et nous nous endormons l'un contre l'autre.

Il est 6h du matin, les oiseaux s'éveille mais Fabi dort encore sur mes genoux. Je le réveille en lui déposant un baiser dans le coup. Il ouvre ses petits yeux et je lui dit qu'il faut que je parte maintenant, il me dit oui d'un mouvement de tête. J'ai pris les billets de retour hier soir et ils m'attendent sagement sur la table du salon. Je ne prends même pas le temps de me changer, de me maquiller; je ramène juste mes cheveux en arrière. Je prends mes maigres affaires et je sort avec Fabi sur moi. Le soleil nous réchauffe déjà et nous roulons rapidement à la gare qui est proche. Personne. Une annonce passe, mon train par dans cinq minutes. Je m'arrête près de la porte et je donne un dernier baiser à Fabi, nos salives et nos larmes se mélangent en même temps, pendant cinq minutes, le temps s'arrête. Cela passe beaucoup trop vite, je ne contrôle plus rien, je monte rapidement dans le train, je met ma main sur le carreau froid, il met sa main de l'autre côté. Je vois les larmes qu'il essaye de cacher. Le train démarre, et je ne vois plus qu'un corps minuscule qui s'éloigne encore, et encore...regrettant déjà de ne pas lui avoir dit une dernière fois "Je t'aime".

*
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J'me sens un peu oublié...Montrer moi que vous êtes là mes chères lectrices (y aurait-il des lecteurs ?)

# Posté le samedi 17 mai 2008 06:40

Modifié le dimanche 29 juin 2008 15:24

[14] *Tu reviendras...

  *Tu reviendras...
Après cet au revoir si dur, si déchirant, je ne pense plus à rien, sauf à lui. Tous les bruits, tous les paysages qui défilent, tout cela je l'ignore. Je prends mes affaires et je vais m'assoir sur mon siège "N°13". J'ai l'impression que tout se referme autour de moi. Je roule jusqu'à mon siège et prends un magazine dont le sujet principal est comme par pur hasard, l'Amour : "Le coup de foudre, cela existe. Il touche en majorité les femmes. Mais voilà, pour transformer cet instant magique en relation durable, il faut savoir dépasser peurs et interrog..."
Je m'arrête là, les larmes aux yeux, et comme dans tous les voyages que j'ai fait jusqu'à présent, je m'endors et je rêve de cet étrange petite fille blonde. Ne serait-ce pas moi en fait ?

Elle est là, comme toujours. On dirait qu'elle m'attend. Mais cette fois, elle pleure, elle est décoiffé et tient dans sa main un couteau ensanglanté. Elle crie de toutes ses forces, elle est colère, très en colère...contre moi ?
La petite fille prend mon bras, je me laisse faire, impuissante. Elle plante la lame du couteau dans ma peau diaphane et y grave le mot "Mort". J'ai mal, le sang coule mais je suis fascinée. La petite blonde appuie de toutes ses forces sur ma blessure, elle se peint les mains de mon sang et se les passe sur la figure. Elle me fait peur mais elle s'en va, disparaissant peu à peu et me laissant seule avec une mare de rouge.


Je me réveille en sursaut au moment où une voix de femme retentit " Paris, Gare de Lyon, Terminus. Tout les voyageurs sont priés de bien vouloir descendre du..."
Je pars vite d'ici, je tremble, je ne sais pas comment rentrer. Je ne sais pas comment tous ceux qui se sont inquiéter vont réagir. Pour la deuxième fois, je prends un taxi, le voyage se passe bien malgré le stress qui me ronge de minutes en minutes. Puis ça y est, je suis devant ce bâtiment. Il est 10 heures du matin et l'hôpital est en pleine activité. Quelques infirmiers fument une cigarette dehors, une ambulance part. Et moi je rentre, personne dans le hall, personne dans les couloirs. Le monde me parait désert et vide de toutes émotions. Puis je passe doucement dans ma chambre, les deux lits sont fait et une femme est allongée sur les couvertures. Les volets sont fermés, la pièce est plongée dans une pénombre inquiétante. La femme regarde le plafond, le regard vide. Je m'approche, très doucement ; elle ne m'a pas entendu, je la reconnait. Nous nous sommes revues une seule fois en deux ans, cette mère qui m'a élevée, cette mère qui est partie, maintenant elle m'attend, elle regrette. Je suis tout près, je dépose ma main sur son ventre. Elle sursaute mais a du mal à réaliser. Elle me dévisage, elle ne comprends pas. Elle lève sa main, pour me gifler, elle a souffert mais se retient. Elle fond en larmes et me serre dans ses bras, je me retire doucement.

- Ma...Ma chérie. Mais où étais-tu ? Que...Que t'es-t-il passé par la tête ?
- J'en avait marre, marre de la vie. Marre de ce que tu m'a fait.
- Parfois, on fait des...erreurs mais on ne s'en rend pas compte.
- Oui, bien sûr. Des erreurs du genre laisser sa fille unique seule avec son père, plus de nouvelles, plus rien à part une photo. C'est ça faire des erreurs. Et bien moi, j'ai fait l'erreur de t'aimer maman.


Elle se lève, essaye de m'embrasser mais je la repousse. Elle court, je l'entends dévaler les escaliers. J'entends une voiture qui démarre, ce doit être elle. Je ne veux plus jamais la revoir. Jamais.
Maintenant, je me dirige vers cette autre chambre où une autre partie de moi à dû affreusement s'inquiéter. C'est la chambre 46, je m'en souviens. Mais quand j'arrive devant cette porte blanche et que je l'ouvre, un homme est bien là mais...ce n'est pas Lui. Peut-être que c'est en fait la chambre 47. Je l'ouvre mais c'est une femme qui est allongée. Je continue, encore et encore jusqu'à la chambre 66 et j'essaye de me convaincre moi même d'une absurde vérité. "Non, il est là, il faut continuer" mais je n'ai plus la force, je doute et je m'imagine le pire "Ne t'inquiètes pas Lily, il a juste changé de chambre". Voilà que je parle toute seule maintenant ! Je continue d'avancer jusqu'à la salle de réanimation et je vois la seule personne qui m'a réellement comprise après mon accident, Elsa. Elle est toujours aussi belle et mystérieuse, sa blouse blanche et sa carte accrochée sur celle-ci "Dr. Elsa Kline". Elle sort, je suis près de la porte et elle ne m'a pas vu, nous sommes seules dans ce long couloirs. J'hésite mais finalement j'ose l'interpeller.

- El...Elsa. Elle se retourne lentement.
- Lily... C'est toi. Je... Elle court vers moi. J'étais tellement inquiète pour toi. Oh, Lily mais j'ai cru que tu étais morte, que l'on t'avait enlevé.
- Désolé...
- Je...J'étais. Je ne sais plus quoi dire Lily.
- Merci Elsa, merci...


Elle me prends dans ses bras, et m'embrasse dans le cou. Elle a juste une larme qui coule le long de sa joue rose. Puis elle rit, et je rit aussi. Nous rions toutes les deux au milieux de ce couloir blanc, de ce couloir froid, de ce couloir si triste d'habitude. Je suis si pressé de voir Enzo, de le serrer aussi dans mes bras, de l'embrasser. Mais aussi de revoir mon père, de de parler à Clara et Léo, de rire avec eux, de revivre.
Elsa reste à côté de moi et je lui dit que je vais appeler mon père. Je n'ai pas allumé mon portable depuis que je suis partie, j'appuie sur la touche verte " 21 appels en absences" 21 "Papa", et 17 SMS non-lus. 17 messages de mon père mais étrangement aucun d'Enzo ou de qui que se soit d'autre. J'envoie un message à cet homme qui m'a tant aimé : "Papa, je suis revenue...Viens à l'hôpital. Je t'aime" Je n'ose pas l'appeler pour l'instant.
Quelques minutes plus tard, il arrive, il court dans le couloir, il pleure, il m'embrasse et il me chuchote à l'oreille qu'il m'aime. Il ne sait plus quoi dire ni quoi faire. Il bafouille, il pleure de nouveau, il me prends quatre fois dans ses bras. C'est touchant et moi aussi je pleure mais de joie. Il faut pourtant que j'arrête ces retrouvailles et que je revois une des dernière personne qui me tienne vraiment à c½ur.

- Elsa...
- Oui ?
- Tout à l'heure je suis allé devant la chambre 46, celle d'Enzo je croit, et il n'était pas là. Où est-il ?
- ...
- Elsa, qu'est ce qu'il y a ?
- Je...il est parti.
- Il a changer de service ?
- Non, Lily je suis désolé, le stress, ton départ précipité, sa blessure qui n'était pas complètement guérie. Tout cela a pris beaucoup trop d'ampleur. Il est décédé hier. Son...


Je ne prends même pas le temps d'écouter le reste de sa phrase, je m'en vais dans le petit jardin qui est collé à l'hôpital. Je tremble. Non ! Mais pourquoi ! Mon c½ur est déchiré. Non, Enzo pas toi, pas toi pourquoi. Pourquoi est-tu parti. Non ! Non ! Ce n'est pas vrai. Je pleure, je me déchire en deux, mon c½ur meurt. J'ai perdu une partie de ma vie. Je hurle, je m'arrache les cheveux, je déracine les plantes du jardin, je saccage tout. Tout doit mourir, Enzo ne peut pas être parti à jamais. Je n'en peux plus, je n'arrive pas a y croire. Cet être si pur, si joyeux. Il avait tellement envie de vivre, tellement envie de se battre. Je ne serrai plus jamais la même , c'est à cause de moi, je n'aurai jamais du partir, jamais. Je ne suis qu'une fille égoïste...Enzo est mort par ma faute...Il faut que je le venge. Je sors de ma poche un petit couteau suisse que j'ai toujours avec moi et je me grave, pleurant de douleur "Enzo" dans ma peau blanche qui saigne abondamment maintenant...


*
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# Posté le samedi 17 mai 2008 16:09

Modifié le samedi 07 juin 2008 12:26