[5] *Un petit pas...tout petit.

  *Un petit pas...tout petit.

Après des heures de rires et de pleurs, mes parents repartent ensemble pour la première fois en deux ans. Je suis le seul point commun qui les rattache. Dans ma chambre, une télé est accrochée au plafond, il y a une petite salle de bain, un meuble rempli de magazines, des tas de machines qui clignotent et le meilleur : un lit motorisé. Je m'amuse avec la télécommande à le relever puis le rabaisser, je m'amuse toute seule. Mais je fini par me lasser de ce petit jeu, à vrai dire je m'ennuie carrément. Il n'y a rien à la télé à part "Des chiffres et des lettres"... On voit tout de suite l'ambiance. J'ai remarquer qu'un lit vide a été mis à côté du mien et je me demande bien ce qu'il fait là. A côté de mon lit se trouve un gros bouton rouge pour appeler une infirmière (ou un infirmier avec un peu de chance), j'hésite pendant un moment mais je fini par appuyer dessus. Un infirmier arrive, il est vieux et laid, dommage. Je le regarde puis il me dit :

- Bonjour, vous avez sonné ?
- Heu...Oui. Est-ce que quelqu'un doit venir dans ce lit.
Je le montre du doigt.
- Oui, normalement une jeune fille doit être transférer ici.
- Vous savez comment elle s'appelle ?
- Oui, elle s'appelle Eileen.
- Eileen...Merci !
- Au revoir et si vous avez un problème n'hésitez pas.


Ce vieux docteur part et je reste plongée dans mes pensées. Je m'imagine cette jeune fille, Eileen. Est-elle blonde, brune, rousse...Je ne sais rien d'elle et cela est frustrant. Je sens pourtant que je m'entendrais bien avec, enfin j'espère.
Après une journée à l'hôpital, j'ai toujours ce creux en moi, mon c½ur est pincé et ma gorge serrée. Je me sens abandonnée. Mes parents ne peuvent pas venir me voir, je suis en soins intensifs mais moi je ne souffre pas physiquement mais mentalement. Soudain, pour mon plus grand bonheur, on frappe à ma porte. C'est Elsa, mon docteur. Elle me regarde avec un grand sourire cette fois :

- Bonjour Lily, alors tu te sens plus en forme ?
- Oui, oui mais je n'arrive toujours pas à bouger mes pieds...
- Mmh...Je pense que tu es assez en forme pour commencer les séances de rééducations.
- Oh, merci. Merci beaucoup ! Je n'en peu plus de rester immobile !
- C'est moi qui vais m'occuper de toi.


Je ne peux m'empêcher de la serrer dans mes bras et de pleurer, de joie cette fois. Elle part pour aller chercher un fauteuil roulant et reviens juste après. Elle me porte jusqu'au fauteuil. Je me sens comme un ver, un asticot ne pouvant bouger que le haut de son corps. Un fois installé, j'actionne timidement les boutons de marche et très vite, j'apprends à me déplacer à fauteuil. Ce fus ma première leçon, ma première réussite, mon premier espoir.
Nous arrivons devant la salle de rééducation, Elsa ouvre la porte. Dans la pièce, un lit, un bureau, une grande fenêtre, des balles et de petites altères, un fauteuil. Un rayon de soleil me chatouille le cou et me réchauffe de l'intérieur. Avec l'aide du Dr Kline, je m'allonge sur ce lit qui est plus une sorte de table d'opération. Il est dure et froid. Elsa commence par me masser les jambes, je ne sens presque rien. Elle teste mes réflexes, rien. Elle prend ma jambe droite et la soulève plusieurs fois. J'ai juste une vague sensation. Elle note quelques chose sur un calepin puis continue de soulever mes jambes avec un petit sourire de temps en temps. Puis elle m'annonce :

- Je pense que tu as de grandes chances de pouvoir refaire quelques gestes quotidiens mais tu as moins de 1% de chance de pouvoir remarcher...un jour.
- Alors je m'accrocherais à ce 1% et même si je lâche prise, je continuerais de tout donner.
- Lily, j'ai rarement connu de patients aussi déterminés ! Je serais avec toi le temps qu'il faudra.

Elle me sert dans ses bras.
- Vous savez, je crois que je vous considère comme une autre mère. C'est sorti comme ça, et c'est la vérité.
- M...Merci, ça me touche beaucoup.

Après ce moment d'émotion, la porte s'ouvre. Devant moi, une silhouette, un bout de corps...Lui.



*
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Si vous avez des remarques, chapitre trop court, idées...N'hésitez pas !!

# Posté le samedi 08 mars 2008 15:02

Modifié le samedi 29 mars 2008 05:17

[6] *Ma moitié, mon amour...ma vie

  *Ma moitié, mon amour...ma vie
Il reste là sans bouger, immobile. Il rayonne et empli la pièce d'une douceur qui m'enveloppe comme un drap de soie. Il sourit, me sourit et une larme coule sur ma joue et se meurt sur le lit froid. Il fait un pas et se penche sur moi car je n'arrive pas à me relever ; je lui prend la main, la tête et le serre près de mon c½ur qui bat à m'en rompre les côtes. Ma moitié est revenue, il est revenu. Ce "il" c'est Enzo. Ses yeux humides me transpercent. Je frisonne. J'ouvre ma bouche mais il m'empêche de parler :


- Je suis revenu ma Lily, mon amour. Je t'aime, comme une s½ur, comme une partie de moi.
- Enzo...Tu m'a manqué.
Je continue de pleurer.
- Je suis tellement triste pour toi.
- Merci... Je marque une pause. Et toi tu ...
- Oui je vais mieux, mais j'ai encore mal. Ce n'est rien à côté de ta douleur.
- Je t'aime.
- Je te laisserais jamais ma Lily.


Elsa est très émue, elle a les larmes aux yeux. Enzo se détache de moi, il me dit qu'il viendra me voir pendant le déjeuner ; il me caresse la main et part dans le couloir. Je tremble et je souris à Elsa. Elle me dit que la séance est fini. Elle me raccompagne dans ma chambre en fauteuil roulant. Nous entrons, le lit vide ne l'est plus. Une jeune fille brune est allongée, les yeux clos. Elle est maigre et recroquevillée, on dirait un animal sans défense.
Mon docteur me dit en chuchotant :

- C'est Eileen, une nouvelle patiente. Au fait, tu auras une petite surprise tout à l'heure.

Elle me met sur le lit et sort de la pièce en me faisant un clin d'½il.
Je reste là, mais je ne suis plus seule. Cette Eileen m'intrigue et je la regarde pendant une bonne heure, essayant d'imaginer son caractère. Elle parait douce mais triste, ses cheveux bruns lui caressent le dos ; elle est plongée dans ses songes. Un léger soubresaut me surprend de temps en temps. Au bout d'un moment elle se réveille et me regarde, surprise. Elle me dit :

- Heu...Salut. Elle sourit.
- Salut, je m'appelle Lily.
- Moi c'est Eileen...
- Je sais. Si ce n'est trop indiscret, pourquoi tu es là ?
- Je...
- Pardon, ça ne fait rien.
- J'ai un cancer aux poumons...Et...et toi ?
- Je peux plus marcher. C'est compliqué.
- Alors explique.


Je lui raconte toute mon histoire, elle me dit qu'elle a enfin une personne à qui parler, se confier car elle me comprend et moi aussi. Je commence à bien l'aimer. Nous discutons de notre vie, du départ de ma mère, de la découverte de son cancer, du regard des gens sur la maladie. De tout. Mais elle doit suivre son traitement et part en chimiothérapie et pendant ce temps là, Elsa vient me chercher pour cette fameuse "surprise". Nous allons dans le réfectoire en passant devant beaucoup de chambre et je me dit que je ne suis pas si malheureuse que ça. Quand nous arrivons quelques malades sont là, des ados et attendent je ne sais quoi. Des chaises et des tables ont été poussées pour laisser place à un espace vide surmonté d'un rideau.Moi, je suis fatigué et j'ai juste envie de retourner dans ma chambre et d'en savoir plus sur Eileen. Nous entendons des bruits étranges, comme des grésillements. Une note, puis une autre. Je commence à comprendre. Le rideau glisse et laisse place à trois personnes. Soudain, des papillons me chatouillent mon ventre et une chaleur se diffuse dans mon corps ; je ne comprends pas, la seule chose que j'ai faite c'est de regarder ce garçon...



*
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# Posté le samedi 15 mars 2008 07:58

Modifié le dimanche 13 avril 2008 08:59

[7] *Toi&Moi

  *Toi&Moi
Photo : prise par Elle

Je le dévore des yeux, je le mange du regard ; comme un gâteau au chocolat, comme un bout sucré de barba papa. Il me retourne l'estomac comme dans une montagne russe. Puis tout se calme. Il me regarde, et il a l'air dérangé, ou surprit ou... Je ne le connait même pas ! Il me sourit mais se concentre plutôt sur sa batterie. Car ce jeune homme joue de la batterie, plutôt bien d'ailleurs. Chacun de ses coups résonne dans tout mon corps. Ils enchaînent les chansons puis le concert prend fin et tout le joli monde dans mon ventre recommence à faire des montagnes russes. Les trois garçons s'approchent de nous, il s'approche de moi et me sort un "Bonchur" avec un accent allemand qui me surprend. Je lui fait un grand sourire et il me le rend. Je rougis car je ne sais plus quoi dire puis il prend la parole :

- Hum...Hallo ! Wha...What's your name ?
- Lily. A...And you ?
- Fabi...


Notre conversation s'arrête là, nous nous regardons dans les yeux, simplement. Puis il un autre garçon s'approche de lui et lui dit quelque chose en allemand, je ne comprends rien. Elsa s'approche de moi et me demande :

- Tu veux que je traduise ?
- Hein ? Mais...Tu es allemande ?
- Ma mère oui. Dr Kline, ça sonne pas un peu allemand ?
- Un peu !
Je sourit et elle me dit :
- Ils sont en train de dire qu'ils vont bientôt partir mais qu'ils reviendront parce qu'ils font du parrainage ou je ne sais quoi.
- Ah ! D'accord. Merci Elsa.
- De rien.


Elle s'en va et je vois Fabi, qui s'approche d'elle. Je n'arrive pas à comprendre ceux qu'ils disent car Fabi parle avec elle en allemand, Elsa a dû lui dire qu'elle sait parler cette langue. Puis il s'en va et revient quelques minutes plus tard, souriant à Elsa. Ils partent tous, je reste dans la salle, seule. Je ne comprends pas ce qui vient de se passer, je suis vide et triste. Toute cette tristesse refoulée, enfouie remonte et le pire c'est que je ne sais pas pourquoi. Pourquoi le monde est-il si compliqué à comprendre, à vivre ? Pourquoi les gens sont-ils si hostiles, si méprisants ? Pourquoi dès que l'on aperçoit enfin le soleil, il disparait derrière tous ces nuages ? Il est parti et ne reviendra sans doute plus malgré ce qu'ils ont dit. Je roule jusqu'à ma chambre, dans ces couloirs déserts. Je rentre mais Eileen n'est toujours pas là. Depuis combien de temps suis-je partie. Je regarde l'horloge de la chambre. 12h45. J'ai faim et Enzo doit me rejoindre à la cantine. J'ai envie d'appeler l'infirmière pour qu'elle m'allonge sur le lit, mais un petit détail retient mon attention. Une tache blanche sur mon lit, ce n'est pas une tache c'est une petit bout de papier, plier en quatre et posé là en toute innocence. Je le prends, l'ouvre et lis dans ma tête :

" I'm Fabi Halbig and it's my adress...116 Straße Richtmand, Dillingen, Deutschland
Goodbye Lili "


Je n'en revient pas, et je suis de nouveau pleine d'une joie intense ! Il ne m'a pas oublié, il m'a donné son adresse. Je prends un papier sur ma table de chevet, mon stylo et je dépose la plume sur le papier, elle glisse, elle inscrit beaucoup de choses que je n'oserai pas lui dire en face, en français car je n'avais pas les mots en anglais en pensant qu'il pourrait la faire traduire.

______________________________________________________________________________________

Fabian Halbig
116 Straße Richtmand,
Dillingen
Deutschland
Lily Belmonda
44 rue Rivoli
75001, Paris
France


Fabi,

I can't speak English so I speak French...

Merci de ne m'avoir pas oublié, de m'avoir donner ton adresse. Votre concert était beau et touchant. J'aimerai que voue reveniez, car tomber dans l'oubli signifie mourir pour nous, pour moi. Ne plus exister, être transparents. C'est pire que tout. Tu as dû être surpris de me voir en fauteuil roulant, je ne peux plus marcher...Malheureusement. On m'a frapper, battu jusqu'à ce que je tombe violemment et que je perde mes jambes. Mon meilleur ami, Enzo, s'est fait poignardé tout ça parce les gens sont incapables de voir au-delà d'eux même. Personne dans ce bas monde n'est capable d'accepter la différence. Malgré cet accident qui m'a couter une chose précieuse, j'aimerai vivre comme tout le monde. J'aimerais te connaître Fabi, même si on ne parle pas la même langue. Même si des centaines de kilomètres nous séparent. J'ai besoin d'aide...
J'espère que tu répondra à ma lettre.

Lily.

______________________________________________________________________________________


A quelques endroits le papier est délavé, à causes de mes larmes. Ces larmes qui coulent trop et que j'aimerai bien chasser mais c'est vrai, j'ai besoin d'aide. Je ne sais même pas si il recevra cette lettre et ce qu'il en fera mais je l'attendrai, impatiente. Je vais la donnez à l'accueil, et demande quand la lettre arrivera en Allemagne. On me répond qu'elle arrivera dans trois jours. C'est long trois jours.
La semaine passe vite, nous sommes déjà Vendredi. C'est une semaine grise et froide. Enfin pas pour moi, car j'ai enfin vu un peu de couleurs.
Je part rejoindre Enzo qui m'attend au réfectoire. Cela fait longtemps que nous n'avons pas discuté, mais il avait besoin de beaucoup de repos. Je l'aperçois enfin, il me fait signe de m'approcher et me dépose un léger baiser sur la joue. Et commence la conversation :

- Lily, ça fait trop longtemps que l'on n'a pas discuté.
- Oui et tu me manque...
- Lily, qu'est ce qu'il ne va pas.
- Je...
Il a le don de lire dans mes pensées.
- Vas-y
- Je crois que je suis amoureuse...


*
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# Posté le vendredi 21 mars 2008 10:50

Modifié le mercredi 02 avril 2008 11:52

[8] *Illusion...

  *Illusion...
J'ai prononcé ces mots sans réfléchir. Qui peut tomber amoureuse d'un simple regard, d'une simple conversation ? Moi ?! Je ne crois pas en fait. Enzo a l'air encore plus préoccupé que moi :

- De qui ?
- En fait je ne crois pas que je sois amoureuse...C'est un garçon allemand, qui a posé son adresse sur mon lit mais je lui ai à peine parlé.
- Ah, d'accord. Alors c'est réglé !
- Si tu le dis...


Je suis un peu paumée. Mais bon, nous devons retourner dans nos chambres respectives. Je serre Enzo fort dans mes bras et le quitte à contre-c½ur. J'espère qu'en arrivant dans cette pièce où je dors depuis je ne sais combien de jours, Eileen sera là pour m'enlever ce doute qui persiste. J'arrive devant cette porte qui me parait immense, j'entre et...personne ? Personne ! J'appelle ma Eileen mais où est-ce qu'elle est depuis ce matin ?
J'appuie sur le bouton rouge et une infirmière arrive. Je lui demande où est Eileen. Elle me regarde puis bégaye :

- Heu...Elle...Elle, enfin Je commence à perdre mon sang froid.
- Elle est où ?
- Partie.
- Comment ça partie ?!
Je commence à crier.
- Calmez-vous Mademoiselle, on a découvert en passant une radio après la chimio que son cancer était passé au stade supérieur. Elle a été transférée dans un autre hôpital, avec des appareils plus perfec... Je la coupe.
- Putain, mais vous auriez pu me prévenir au moins !

Mes yeux me piquent, des larmes de colère. Je prends la lampe sur ma table de chevet et je la balance à travers la pièce. Elle se casse en mille petit morceaux de verre qui virevoltent dans la pièce. L'infirmière pousse un petit cri inutile et appelle le Dr. Kline. Moi, je serais partie avant qu'elle arrive. J'avance le plus vite possible, mon fauteuil roule trop vite et je ne contrôle plus rien. Soudain un bruit métallique, ce putain de fauteuil me lâche aussi. La roue de détache et part contre le mur, je passe en avant et je tombe. Je n'ai pas mal, enfin je ne m'en rend pas compte. Je rampe jusqu'aux toilettes qui sont en face et j'y rentre. Personne, tant mieux. Je suis par terre comme un animal blessé. Je rentre dans une cabine et je resta là, sur le sol froid à attendre, quelqu'un, quelque chose. J'ai peur à vrai dire, peur du noir. Je ne l'ai jamais dit à personne sauf à ma mère. Ça y est, il n'y a plus de lumière, elle s'est éteinte. Il fait trop sombre pour que l'on puisse distinguer quoi que ce soit. A part ce petite fente en-dessous de la porte il n'y a pas de lumière, rien. Je me sens mal et j'ai envie de recommencer, de souffrir de nouveau. Je me griffe les bras, je crie, je hurle. Personne ne m'entend. Je me griffe le visage, je sens le sang dégoulinant sur mon nez. Dès que je m'attache à quelqu'un, cette personne part, loin, quelque part d'inaccessible. Je voudrais quitter ce corps qui me répugne. Devenir un oiseau, grand, blanc. Qui pourrait aller partout, un monde sans règle, libre pour de vrai. J'entends dans le couloirs des pas rapides, des voix affolées qui doivent me chercher, mais une personne est déjà là depuis le début, elle prononce mon nom avec douceur. Encore une fois c'est mon ange qui est à côté de moi.

- Lily, je sais que c'est dur mais résiste. Tu as des gens qui aimeraient bien que tu restes...
- Oui mais moi, si j'ai pas envie de rester...
- Si tu meurs, j'aurais plus personne Lily... Et Eileen.
- Elle est partie et puis de toute façon, je sais déjà tout ça...Je n'en peux plus, tu pourrais venir m'aider Enzo, la porte est ouverte.


Je suis épuisée.Il entre et me redresse car je suis affalée sur le sol, il allume la lumière et pousse un tout petit cri. Il doit voir une fille complètement perdue, avec les cheveux décoiffés et du sang séché sur ma peau blanche. Il ne dit rien et me donne juste un baiser sur mon front. Il me porte dans ses bras jusqu'à ma chambre. Nous croisons de nombreux médecins qui ont l'ai soulagés en me voyant. Elsa est dans ma chambre, en colère. Mais elle ne me dit rien et part d'un pas précipité. Je m'allonge, les volet sont fermés et j'attends, j'attends, j'attends. Je crois que personne ne viendra cette fois...

Trois jours sont passé et je suis toujours dans cette chambre aux volets clos. Je n'ai pas bougé, Elsa n'est pas venu me voir et j'ai l'impression que le temps est arrêté. En ce moment, mon corps n'arrive plus à me porter, je suis trop faible pour me redresser. Mais j'entends un Toc Toc sur ma porte. Je dis d'entrer à cette personne. C'est mon docteur et elle à entre les mains une lettre. Elle la dépose sur moi et me laisse seule avec ce bout de papier qui me donne la chair de poule. Le tampon sur l'enveloppe indique "Dillingen". J'ouvre avec précaution et je lis ces deux petits mots : Dear Lily...


*
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fiction

# Posté le mercredi 02 avril 2008 11:17

Modifié le dimanche 13 avril 2008 07:47

[9] *Tu as la clef qui ouvre mon coeur...

  *Tu as la clef qui ouvre mon coeur...
Une écriture fine est imprimé sur ce papier. Je l'observe une première fois sans le lire puis je cède à la tentation. Délicatement, doucement, ayant peur de froisser ce papier si pur à mes yeux. Ce "Dear Lily" reste immobile et veut dire beaucoup pour moi, beaucoup. Accompagnée de sa lettre allemande, une traduction qu'il a du faire lui même, c'est la même écriture...

______________________________________________________________________________________

Lily Belmonda
44 rue Rivoli
75001, Paris
France
Fabian Halbig
116 Straße Richtmand,
Dillingen
Deutschland


Dear Lily,

Bonjour, c'est Fabi. Merci pour ta letre. Ce me a fait très plaisir ! Moi, je te comprendre. Je suis tres triste pour toi ! Nous reviens bientot ! Tu es magnifique, très jolie ! Moi aussi j'aime te connaitre, te revoir. Desolé de ne pas écrire beaucoup, mais je n'est pas les mot...Tu me touche, beaucoup.

Aurevoir Lily...

Fabi.

______________________________________________________________________________________

C'est peu, et beaucoup à la fois. Il y a des fautes, mais elles rajoutent du charme à ce bout de papier. Ma gorge est sèche et serrée, j'ai envie de pleurer. J'ai besoin de le revoir, c'est plus fort que moi. Mais j'ai envie d'en finir, une fois pour toute. De m'envoler vers un pays dont on ne reviens pas. Le revoir avant de mourir. Chacun à un but dans la vie, devenir avocat, chanteur ou médecin. Être plus populaire, plus beau, plus intelligent. Moi, mon but c'est de mourir, de gâcher 15 ans de vie. Mais pour revoir Fabi, il va falloir que je parte d'ici. Je vais mieux, je peux presque me débrouiller seule. J'ai suffisamment d'argent sur mon compte en banque. Je partirai de Paris, je prendrai le train jusqu'à Berlin puis je me débrouillerai pour arriver à Dillingen. Ça devrait marcher, il faut que j'arrive à m'échapper. Ce soir, ce sera fait...

L'horloge affiche 22h46. C'est l'heure ; j'ai réuni toutes mes affaires. A vrai dire, je n'en ai pas beaucoup, deux ou trois tenue dans un petit sac. Personne n'est au courant, même pas Enzo. J'en ai honte, de partir et de le laisser seul. Mais il le faut. Je me glisse dans mon fauteuil avec difficulté mais j'y arrive. Je sors sans bruit, personne. Comme je suis au rez-de-chaussée, je sors rapidement. Personne à l'accueil. La porte automatique s'ouvre dans un chuchotement. L'air est frais, je respire enfin ! Le RER n'est pas loin mais je préfère prendre un taxi qui m'amènera sans encombre à la Gare de Lyon. Je sors mon portable et j'en appelle un. Dix minutes plus tard, il ou plutôt elle arrive. Elle voit mon fauteuil et propose de m'installer à l'arrière et de le mettre dans le coffre. Elle me demande :

- Bonjour Mademoiselle, où voulez-vous aller ?
- Gare de Lyon s'il vous plaît.
- D'accord.


Le voyage est silencieux, elle ne dit rien, je ne dis rien. Une fois arrivée, elle sort mon fauteuil, m'aide à m'assoir dessus et me demande si je veux de l'aide pour aller jusqu'à mon train. Je lui réponds que oui. Elle m'emmène jusqu'à l'accueil où je viens récupérer mes places que j'ai réservé dans l'après-midi. Puis je monte dans le train avec l'aide de la chauffeuse de taxi. Je la remercie et je vais m'installer avec l'aide du personnel sur un fauteuil. Un homme passe pour contrôler nos billets. Après ça, je bloque ma tête sur le carreau froid, me laissant bercer par les mouvements du train. Mes paupières se font lourdes, je vois des lumières au dehors qui dansent, je sombre, je sombre...

Une petite fille blonde passe devant moi, elle me tend un panier, rempli de chocolats. C'est étrange. J'en mange un puis tout disparait. Je suis dans un endroit sombre, une lumière scintille au milieu de ce vide. C'est cette petite fille, un ange aux ailes blanches.

Je me réveille, en plein rêve. Je suis dans le brouillard, totalement perdue. Il est 00h06, il fait nuit noire et il reste deux heures de voyage. Il n'y a presque plus personne dans notre wagon, beaucoup de gens sont descendus aux différentes villes où nous nous sommes arrêtés. Les gens qui restent dorment profondément, je suis la seule encore réveillée et je me sens seule, terriblement seule.


*
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[Vraiment désolé d'avoir été aussi longue !]

# Posté le mardi 08 avril 2008 14:06

Modifié le dimanche 13 avril 2008 09:03